place Denfert-Rochereau, Paris
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the project.

un voyage photographique pour découvrir la vie de Amedeo Modigliani

"Les lieux de Modigliani. Entre Livourne et Paris " ne veut pas être un projet photographique; son but n'est pas de montrer le travail d'un photographe, mais plutôt de raconter, à travers des anecdotes de la vie quotidienne et des images de lieux aujourd'hui apparemment anodins et sans importance, l'existence de l'un des plus grands artistes du XXe siècle.

L'histoire et l'œuvre de Amedeo Modigliani (1884-1920), figure légendaire parfois jusqu'à l'invraisemblable, est faite de bistrots, de rues, des bâtiments, de cafés, de places, de studios étroits, d'endroits autrefois pleins de vie et de culture. 

C'est pour cette raison que nous avons voulu retracer les itinéraires Modiglianesques à Livourne et à Paris, en investiguant sur comment - et combien - ces lieux ont changé en environ un siècle de transformations sociales, urbaines, économiques et culturelles. 

Le projet, à moitié entre le documentaire et le reportage, voudrait illustrer comment la mondialisation a parfois anéanti la culture pour faire de la place aux banques, aux assurances et aux restaurants; dans d'autres cas la mondialisation a laissé la place à la dégradation , à l'abandon ou -  exactement à l'opposé - à des politiques de tourisme qui ont eu seulement le «démérite» d'aplatir l'atmosphère d'un lieu autrefois unique. Pour ces raisons cette exposition veut être un hommage à Amedeo Modigliani, à Paris et Livourne, deux villes très différentes, géographiquement éloignés, mais qui ont donné énormement de choses à notre Dedo: renommée et déshonneur, pauvreté et richesse, souffrance et amour, vie et mort.

Pour l’édition 2020, le projet devient multimédia et interactif. Si vous utilisez un smartphone avec une application qui lit les QR CODES pendant votre visite, vous pourrez profiter pleinement des atmosphères des lieux de Modigliani et découvrir de nombreuses curiosités.

Livourne de Modigliani

Le Livourne de la fin du XIXe siècle comptait presque 100.000 habitants et était l'un des centres de la péninsule les plus grands et les plus développés. Les commerces, en particulier ceux liés au port, étaient très prospères, et la ville profitait de quelques siècles de développement économique et culturel presque continu.  

Ce que Modigliani vécu à Livourne - pour une très brève période - fut peut-être la dernière période d'or de cette ville du point de vue culturel; la Deuxième Guerre mondiale entraînera Livourne vers un déclin rapide à partir duquel elle ne fut plus capable de se relever. 

Les années entre le XIXe et le XXe siècles furent les années de Livourne capitale balnéaire de la Belle époque, des étés de Aldo Palazzeschi aux Bagni Pancaldi, des premiers affiches publicitaires (Leonetto Cappiello était aussi originaire de Livourne). Livourne comptait plus de dix théâtres et en 1896 la ville avait été choisie par les frères Lumière comme étape de leur première tournée Européenne. 

Mais Modigliani, cependant, voulait quelque chose de mieux. À Livourne la peinture s'était arrêtée aux Macchiaioli et Modigliani «détestait» le paysage. Il est «peut-être pour cette raison que Dedo en 1906, quitta Livourne pour Paris, un voyage à l'aveugle, mais plein d'espoirs et de rêves incroyables. 

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Paris de Modigliani

Quand Amedeo Modigliani en 1906 arriva à la Gare de Lyon, devant ses yeux il s'ouvra un monde fantastique, jusque-là seulement imaginé. Paris, loin de Livourne 26 heures de train, comptait trois millions d'habitants.  Aux yeux du jeune Dedo les immenses boulevards, les omnibus tirés par les chevaux, les tramways, les bruits des premières voitures, les bistrots, les toits gris, et la foule auront sûrement fait penser a un roman de Victor Hugo. Pendant ces années La Ville Lumière était éclairées par 9622 lampadaires et par 500 000 ampoules. 

Paris était la capitale de l'art Européen et Amedeo, peut-être, ne savait même pas par où commencer. Les musées, le Salon des Indépendants, l'Exposition universelle, le Louvre, les galeries d'art, la vie dans les cafés ... Tout était nouveau et effervescent. 

À l'époque la vie artistique était encore dans le quartier "périphérique" de Montmartre, où les impressionnistes s'étaient installées et ils avaient eu leur succès   Le quartier était fréquenté aussi par les représentants de l'avant-garde, y compris Pablo Picasso, Gino Severini et Constantin Brancusi, qui franchissaient à l'époque des premières étapes importantes vers de nouveaux styles de peinture. La vie artistique se déplaça ensuite à Montparnasse, où Modigliani devint une sorte de mythe, apprécié par quelques-uns et snobé par la majorité.  

À Paris Dedo aimait les femmes belles et riches, mais aussi ses modèles et des prostituées; il vécu une vie sauvage et pauvre, qui s'intègre parfaitement dans le style typique des artistes de la bohème de l'époque. 

Livourne manquait à Modigliani  et ses toasts qui faisait à sa ville en sont la preuve . Il lui manquait la lumière, l'air de la mer, le "5 et 5" (du pain repli avec une tarte de pois chiches), les "cee" (les civelles d'anguille), mais Paris devint inévitablement son «royaume», le lieu qui le changea de façon définitive et qui forma sa carrière artistique. 

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